Portrait d’une famille d’expatriés français

L’Australie, son mode de vie, son climat et ses plages, en font rêver plus d’un, en témoignent le nombre de touristes et de PVTistes français* qui viennent goûter aux charmes des côtes australiennes chaque année. *(Permis Vacances Travail : visa permettant de séjourner et travailler en Australie pour une durée de 24 mois maximum)

D’autres souhaitent aller plus loin en s’y installant à long terme : c’est le cas d’Aurélie et Cyril qui ont franchi le pas il y a 10 ans. Aurélie, originaire de la région nantaise, et Cyril, de la région parisienne, ont respectivement 25 et 26 ans lorsqu’ils décident d’aller vivre en Océanie. Aujourd’hui, 10 ans après avoir quitté la France, ils se sont prêtés au jeu de nos questions/réponses.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de partir ? Et pourquoi avoir choisi Australie ?

« On avait envie de découvrir autre chose, on en a discuté un soir et on a acheté deux livres de voyage sur l’Australie et la Nouvelle-Zélande dans la foulée ». Leur choix s’est vite restreint sur ces 2 pays, le critère premier était un pays anglophone, l’Angleterre pas assez « exotique », les Etats-Unis ne les motivaient pas plus que ça et l’obtention d’un visa était difficile…

En regardant les photos dans les livres, Aurélie & Cyril choisissent la Nouvelle-Zélande et plus particulièrement l’île du Nord : plus petit et plus accessible dans un premier temps que l’Australie.

Après environ 2 ans en Nouvelle-Zélande, Aurélie se fait muter en Australie par l’entreprise dans laquelle elle travaille depuis son arrivée en Nouvelle-Zélande.

 

Après 8 ans en Australie, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Partis à 2, ils sont aujourd’hui 3 avec la naissance de Thomas il y a 6 ans et habitent Manly au Nord de Sydney. Aurélie est Directrice commerciale de Topshop Australie et Cyril a créé son entreprise il y a 6 ans « Little Frenchy », entreprise d’import et distribution de jouets et accessoires pour enfants de marque française.

 

Depuis votre première étape néo-zélandaise il y a 10 ans, votre situation a bien évolué. Avez-vous rencontré des difficultés à l’installation ?

La grande difficulté lorsque l’on s’installe à l’étranger est l’impression de repartir de zéro :

  • S’exprimer : la barrière de la langue est un des freins majeurs pour vivre dans un pays étranger. Cyril a été confronté à cette difficulté à son arrivée : « c’était frustrant de ne pas pouvoir participer aux conversations sans avoir un train de retard pour intervenir ». Aurélie qui a travaillé 2 ans à Londres auparavant était quant à elle déjà très à l’aise avec la langue de Shakespeare !
  • Travailler : au moment de leur départ, Cyril et Aurélie travaillent tous les 2 en tant que commerciaux pour TNT sur Paris. En arrivant en Nouvelle Zélande, Aurélie trouve assez rapidement un poste chez Prada, et Cyril enchaîne les petits boulots notamment un poste de serveur dans un restaurant « Il faut savoir mettre son orgueil dans sa poche, retourner quelques années en arrière ». Par la suite Aurélie est sponsorisée par son entreprise pour sa mutation en Australie, en effet c’est la condition sine qua none pour venir vivre et travailler au pays des kangourous autre qu’avec un visa touristique ou PVT. Cyril trouvera quant à lui un poste de commercial dans la logistique.
  • S’adapter aux systèmes d’aide et de santé locaux et au coût de la vie : malgré un coût de la vie plus élevé qu’en France, le système d’allocation chômage n’existe pas en Australie quant à la sécurité sociale, seuls les résidents y ont droit et non les personnes en visa de travail. Ça change donc du système français où les aides de l’état sont beaucoup plus présentes.

 

Ce que vous aimez dans la culture australienne ? Ce qui vous fait rester ?

L’expatriation est une chose mais pour rester vivre à long terme dans un pays qui n’est pas le sien, il y a souvent plusieurs raisons. Cyril et Aurélie nous donne les leurs :

Le mode de vie

  • « L’Australie est un pays cool, pas prise de tête », on s’y sent bien
  • Autre rythme : ici les gens sont très matinaux, vivent plus aux heures du soleil, il y a une grande activité matinale du lundi au dimanche et d’ailleurs tout est ouvert le dimanche comme les autres jours de la semaine.
  • Culture du sport : le sport tient une place importante dans la vie de beaucoup d’australiens, en témoignent les nombreux joggeurs, marcheurs, surfeurs… à toute heure de la journée. Le bien être à travers le sport est une vraie valeur australienne et ce dès le plus jeune âge. Beaucoup d’enfants sont inscrits dans des clubs pour apprendre à nager, à se servir d’une planche et à effectuer les gestes de premiers secours. On peut également observer toutes les installations le long des plages pour s’entretenir, ainsi que les silhouettes sportives plus nombreuses qu’en France.

Les mentalités

  • Vie privée : « il y a moins de marquage social, ici on ne te demande pas quel est ton job à la première rencontre », la force de l’entraide et de la solidarité entre les habitants sont 2 facteurs qui ont également plu à Aurélie & Cyril. Enfin une des principales différences qu’ils ressentent en Australie c’est le respect des gens les uns envers les autres, envers l’environnement ou toutes les infrastructures mises à disposition : pour exemple,  les nombreux barbecues électriques disponibles sur les plages ainsi que les toilettes publiques ou douches sont toujours propres et jamais dégradés. Quant aux arrêts de bus, la file d’attente est respectée : premier arrivé, premier à monter !
  • Vie professionnelle : le « you can do it » comme dit Cyril est un leitmotiv ici ! On te donne ta chance quel que soit ton âge et ton expérience. Aurélie : « Je n’aurais pas eu le poste que j’ai aujourd’hui aussi rapidement en France, on m’a fait confiance », La volonté d’entreprendre est forte en Australie et les moyens pour y arriver sont aussi plus facile d’accès.

Le climat

« 10 mois d’été dans l’année, difficile de ne pas aimer ! »

 

La famille, les amis, comment fait-on avec l’éloignement ?

Au bout de 10 ans, Aurélie & Cyril se sont recréés un cercle d’amis en Australie, pour la grande majorité ce sont aussi des français expatriés. « Naturellement, tu vas vers les français, tu as les mêmes références, et être tous loin de nos familles crée des liens. » Les Australiens ont leur vie, leurs amis, leurs familles et n’ont pas la même façon de voir les moments entre amis que les Français (très peu d’invitations les uns chez les autres mais plus de rencontres à l’extérieur). « Nos amis sont « une famille de substitution », on se voit très régulièrement, on fête les anniversaires et les grandes occasions tous ensemble ».

Aurélie & Cyril retournent en France 1 fois par an pour profiter de leurs familles.

 

 

Thomas a 6 ans, il est né en Australie, comment se passe sa scolarité ?

Thomas est bilingue, à l’école tout est en anglais et à la maison, c’est en français. C’est une grande richesse pour lui malgré que l’apprentissage de 2 langues en même temps puissent être compliqué, notamment pour la lecture ou l’expression.

Plusieurs différences sont à noter avec la scolarité en France :

  • Crèche : les crèches sont très chères, entre 20 000 et 30 000 AUD l’année (soit entre 14 et 20 000€)
  • Ecoles publiques vs privées : les écoles publiques n’ont pas toutes la qualité des écoles publiques françaises, en fonction des endroits et surtout à partir du collège. La scolarité revient très chère.
  • Port de l’uniforme : obligatoire pendant toute la scolarité. Chaque établissement a ses propres uniformes (un pour l’été, un pour l’hiver, un pour le sport). « C’est bien pratique le matin, on ne se pose pas la question de comment habiller Thomas et tout le monde est habillé pareil donc pas de discrimination »
  • Pas de cantine : chaque enfant doit apporter sa « lunch-box »
  • Une vision australienne de l’éducation portée sur la personne et la confiance en soi : dès le plus jeune âge, les enfants sont exercés à prendre la parole en public, à s’exprimer, ils ont d’ailleurs des cours de théâtre. Le discours éducatif est porté sur la mise en avant de l’enfant, de sa personnalité (plus que de ses résultats) et un point d’honneur est mis sur la confiance en soi.

 

Le rythme scolaire ?

Les journées de classe s’étendent de 8h45 à 15h du lundi au vendredi puis après 15h des activités périscolaires sont possibles ou aide aux devoirs.

Les vacances d’été vont de mi-décembre à fin janvier avec une rentrée scolaire début février. Il y a trois autres périodes de vacances de 2 semaines chacune, à Pâques, en juillet et en septembre.

 

On voit que vous êtes très bien en Australie mais si un jour vous deviez revenir en France, quelle en serait la raison ?

La famille

 

Un petit conseil pour ceux qui souhaiteraient tenter l’aventure de l’expatriation ?

« On se rend compte tous les jours de la chance qu’on a, mais cette chance, nous l’avons provoquée ! Ne partez pas juste pour fuir, ayez de vraies raisons comme celle de vouloir réellement découvrir autre chose. »

 

A vos commentaires !