Le charme paisible du Laos en kayak

Comme pour la Birmanie, nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre en arrivant au Laos. Moins populaire que le Vietnam, nous n’avions finalement entendu que très peu d’avis sur cette destination de plus en plus prisée. Après un premier contact un peu rude avec les douaniers de la frontière terrestre (corruption quand tu nous tiens…), nous ne tardons pas à sentir comme un esprit de tranquillité dans ce pays…

 

Relax, take it easy !

« Prendre le temps de prendre le temps », telle est la devise de notre voyage et le Laos en est la parfaite illustration. Dès notre arrivée dans le petit village de Muang Khua, les klaxons et les routes bitumées ont laissé place aux chants des oiseaux et aux chemins de terre. Il est midi quand nous arrivons à destination et il fait déjà très chaud. Notre auberge faite de bambou tressé donne sur la rivière Nam Ou et nous rencontrons d’autres backpackers qui ont eux aussi envie de tranquillité.

Le Nord du Laos est réputé pour ses nombreux treks à la découverte des ethnies comme les Hmong ou les Khmu. Mais voilà, la zenitude de cette région transforme notre goût pour la rando en une soudaine envie de farniente et on se laisse porter par cette ambiance paisible. Nous ne sommes pas les seuls et nous passons une bonne partie de ces 3 jours en compagnie d’Heiko et Jasmin, deux amis allemands qui sont eux aussi en mode carpe diem. On se motive quand même pour aller se balader dans les collines aux alentours. Nous traversons d’autres villages où la population animale (chiens, cochons, chats, poules, oies) est probablement 10 fois plus élevée que la population humaine et croisons plusieurs chasseurs partis traquer le cochon sauvage !

Au Laos, certains villages n’étant pas atteignables par voie terrestre, de nombreux cours d’eau sont encore utilisés comme voie de communication principale. C’est le cas de Muang Ngoi que nous rejoignons en 3 heures de « slow-boat ». Ici, encore plus qu’à Muang Khua, nous passons 3 jours à lézarder dans le hamac de notre chambre avec vue sur la Nam Ou et dans l’unique rue du village. C’est notre porte-monnaie vide qui nous fait quitter ce havre de paix. En effet, le distributeur de billets n’a pas encore vu le jour à Muang Ngoi et nous sommes donc contraints de rejoindre le village suivant.

Nong Khiaw est le point de départ d’une rando kayak de 3 jours pour rejoindre Luang Prabang, capitale culturelle du Laos à forte influence française. On se présente le jour de notre arrivée à l’agence organisant ce trek sur la rivière Nam Seng. Rendez-vous pris pour dans 2 jours le temps que l’agence nous trouve des coéquipiers. Nous devons nous présenter à 17h le lendemain pour s’assurer que tout soit ok. Seulement voilà, la tranquillité du Laos, c’est aussi des boutiques fermées des jours entiers sans savoir pourquoi. C’est ce qui nous arrive pendant 2 jours d’affilé, repoussant ainsi notre date de départ mais pas de stress, c’est ça aussi le Laos ! Pour avoir quand même une chance de pouvoir faire cette virée kayak, on la provoquera un peu en se substituant à l’agence pour constituer l’équipe en allant démarcher les autres voyageurs dans le village. Au final, nous attendons 5 jours avant de pouvoir pagayer, mais l’équipe est complète et semble très cool ! Let’s paddle !!

 

A l’eau et au Lao Lao, sans dessus dessous !

Pour les 3 jours qui suivent, nous sommes en compagnie de Sytha et Mued nos 2 guides laotiens, Marc et Hanna voisins autrichiens, Marco et Stéphanie cousins québécois et Andy ami anglais ! Ce pourquoi nous voulions absolument effectuer le trek sur la Nam Seng est qu’elle est connue pour avoir plus de rapides contrairement à la Nam Ou, qui a vu son débit diminuer suite à la construction récente de barrages.

Le van de l’agence nous dépose au point de départ, nous mettons nos affaires dans les sacs étanches et nous reverrons notre prochain véhicule à moteur dans 3 jours à Luang Prabang. Chacun s’installe dans son embarcation et c’est parti pour faire marcher ses bras : en moyenne, il faudra pagayer 5 à 6 heures/jour pour atteindre l’objectif.

Les premiers kilomètres nous permettent de trouver nos marques et très vite la petite équipe trouve son rythme. Les paysages seront globalement les mêmes pendant 3 jours mêlant forêts, petits villages et montagnes karstiques. Nous passons tous les premiers rapides avec brio sauf l’embarcation de nos amis Marc et Andy pour qui cette première chute inaugurera de nombreuses autres. Jamais de mal et toujours un plaisir non dissimulé pour tous les autres !

Tout au long du parcours, Syhta et Mued nous expliquent certains points de culture sur le Laos, les traditions… Nous savons désormais que tous les moulins à eau rudimentaires croisés sur cette rivière, fabriqués à partir de roues de vélo, bois et courroies de caoutchouc, sont le fruit du travail des villageois afin d’alimenter leur maison en électricité.

C’est en observant les différentes activités le long de la rivière que nous comprenons l’importance de l’eau pour ces villages : pêche, lessive, bain, irrigation, électricité,  hydratation des animaux… Elle est l’élément vital de la survie de ces villages.

Les deux soirs nous sommes hébergés comme le veulent les coutumes, chez le chef du village. Elu pour 3 ans par les habitants majeurs (> 18ans) il est comme un Maire et est le lien entre le village et l’extérieur. Pour nous étrangers, les nuits se dérouleront aussi selon les coutumes : les hommes dorment d’un côté, les femmes de l’autre ! Pour la première fois depuis le début de notre voyage, nos guides s’improvisent aussi moniteur de colo en nous proposant des petits jeux : Mued nous occupera une soirée autour de casse-têtes, et Sytha nous « cassera la tête » avec sa soirée « Lao-Lao » jeu de cartes, whisky local à base d'alcool de riz. De supers moments où les locaux aussi se joignent à nous pour rire de bon cœur !

Nous demandons aussi à visiter une école primaire et maternelle où nous participons à un « Le facteur est-il passé ? » version locale ! Les classes sont mixtes, les élèves en uniformes et quand il n’y a pas de grand-mères pour s’occuper des plus jeunes, les maîtresses s’en chargent, ou encore la grande sœur qui prend la relève ! Au mur beaucoup de dessins (fruits, légumes, animaux « de la ferme », rizières…), des mots, des tableaux de scènes de vie et une pancarte à l’entrée de chaque école sur les comportements à adopter ou refuser dans la sphère familiale.

Chaque arrêt dans un village est l’occasion de rencontres riches en enseignements et partage. Si la communication n’est pas aisée lorsqu’on ne peut parler la même langue, les rires et sourires sont souvent aussi intenses que de longs échanges, et les enfants ont visiblement aimé autant que nous les moments passés à jouer ensemble !

Nous clôturerons ces 3 jours tous ensemble avec une soirée sur Luang Prabang où Mued nous fera découvrir les sorties « hype locales »… L’occasion de voir à quoi ressemble une boîte de nuit Laotienne smiley ! Un grand moment !!!

Outre cette équipe fort sympathique et les généreux « Sabaidee !» (bonjour !) échangés toutes les 2 minutes, on retiendra surtout la joie de vivre de ces habitants et enfants qui sont bien sûr à 1000 lieux du « confort »  que nous connaissons (une maison = 4 murs, 1 porte et une fenêtre, 1 cuisine, parfois une chambre et rarement une salle d’eau) mais qui semblent ne manquer de rien, et encore moins d’amour… Le bonheur ? On ne sait pas, mais le plaisir des choses simples, définitivement ! 

 

 

3 commentaires

  1. Misti
    Sabaidee !!! Ca a l air excellent cette tranquillité!! Quel sentiment de calme à la vue des photos.  Vs penserez à ne pas ramener les 2 chiots pris par Ro :) .  
    A vos commentaires ! 7 mars 2016 at 23 h 24 min
    • Panda

      Trop tard, ils sont avec nous dans le sac !!! :)

      A vos commentaires ! 12 mars 2016 at 16 h 35 min
  2. poping moming
    c'est toujours avec un réel plaisir que nous partageons vos découvertes. paysages magnifiques et belles personnes (même la Fripouille toute potellée ...). Il faudrait montrer ces photos des écoles à nos chères têtes blondes, cela les rendrait peut être plus motivées, le confort européen en moins, il leur resterait peut être le vrai plaisir d'apprendre.
    A vos commentaires ! 5 mars 2016 at 20 h 41 min

A vos commentaires !