Hoi An, une ville sur mesure

Nous arrivons au Vietnam par les airs à Ho Chi Minh dans le sud du pays, en provenance de la douce et tranquille Birmanie. Le Vietnam s’étendant sur 1700 km et partageant au Nord sa frontière avec le Laos et au Sud avec le Cambodge, nous prévoyons de scinder notre parcours en 2 temps :

  • Le Sud : le Sud-Vietnam plus le Cambodge ;
  • Le Nord : Le Nord-Vietnam plus le Laos.

Cependant, nous prenons une claque en arrivant à Ho Chi Minh : grande ville ultra-bruyante, attrape-touristes à tous les coins de rues (nous sommes des porte-monnaies sur pattes), des petites rues commerçantes plutôt sympas mais où la prostitution est à peine dissimulée, et évidemment le sourire Birman nous manque déjà. Bref, on sent une envie de fuir tout ce qui ressemble à du bruit ou à une machine touristique, une envie de tranquillité. Sans compter que nous arrivons dans la période des fêtes du Têt (voir l’article sur les fêtes du Nouvel An Vietnamien), que tout devient plus cher et que le pays sera paralysé d’ici quelques jours. Notre décision est donc prise, nous renonçons à aller au Cambodge afin de profiter au mieux du centre et Nord du Vietnam plus paisibles que le Sud et allouer également quelques jours supplémentaires au Laos.

Notre première réelle étape vietnamienne sera donc Hoi An. Ville classée au patrimoine de l’UNESCO, certes touristique mais à taille humaine.

 

Un héritage colonial fort

Hoi An, qui signifie « se réunir dans la paix », connait son essor à la fin du 15ème siècle avec le commerce et plus particulièrement l’installation de comptoirs internationaux (français, hollandais, anglais, portugais, chinois, japonais et indonésiens). On échange alors des marchandises à profusion : de la soie, des épices, de la laque ou encore du thé. Suite à un ensablement naturel de son port, Hoi An voit tous ses bateaux se rediriger vers Danang, ville un peu plus au Nord, à la fin du 19ème siècle. Sa croissance est alors stoppée au profit d’une sauvegarde de l’architecture coloniale de son centre qui fait aujourd’hui son attrait touristique.

Nous profitons une semaine de cette jolie ville aux milles lanternes colorées. Son centre fermé aux véhicules à moteur, son marché/karaoké en pleine journée, ses petites boutiques nous ont ressourcés. On en profite pour faire une dégustation de café vietnamien (excellent !) et pour s’en faire envoyer quelques grammes en France. D’ailleurs, aujourd’hui le Vietnam et le Brésil se disputent la première place d’exportateur de café !

Hoi An est aussi l’occasion pour nous de découvrir les événements pré-Têt avec des cages à oiseaux suspendues devant chaque commerce ou encore des tables entières d’offrandes pour le génie du foyer (cf. article sur la fête du Têt).

Les alentours de la ville ne sont pas en reste et une des meilleures façons de les découvrir est de s’y rendre à bicyclette. Nous passons une journée à nous balader en bord de mer, traverser les rizières et les petits villages. Quand on voit ces jolis paysages, on a du mal à s’imaginer qu’ils ont été ravagés par l’agent orange répandu lors de la guerre du Vietnam (cf. article) par les Américains causant ainsi une pollution des sols immédiate et a posteriori de nombreux cancers ou malformations à la naissance.

 

 

 

Le sur-mesure à Hoi An, mode d’emploi

Il y a quelques années, 3, 4 tailleurs se sont installés à Hoi An, on en compte aujourd’hui plus de 400 et le sur-mesure est devenu une attraction majeure de la ville. Du costume à la chaussure, en passant par la maroquinerie ou la robe de mariée, à Hoi An « we can copy everything : same same but different » comme les commerçants aiment à nous le rappeler dès que l’on franchit le seuil de leur boutique. Alors bien sûr, tout ça met l’eau à la bouche, le paradis du shopping en somme et comme on avait le temps, nous avons testé  : le tailleur vietnamien !

 

Etape 1 : Choisir le tailleur

  • A. J’en choisis un avec une excellente réputation, je veux aller vite, je peux payer plus cher (soit équivalent à un vêtement acheté en France mais pas sur-mesure). La confection du vêtement sera confiée au couturier de la maison et j’échappe normalement aux étapes 5 à 10 ci-dessous.
  • B. J’ai le temps, je peux faire quelques retouches, je choisis un tailleur parmi tant d’autres. La confection du vêtement sera alors confiée à l’un des gros ateliers de la ville.

=> Notre choix : Réponse B. Après avoir fait plusieurs fois le tour d’une dizaine de boutiques, nous choisissons le tailleur avec le feeling que nous avons avec la commerçante mais aussi le choix des tissus dispos et les modèles de vêtements exposés.

 

Etape 2 : Choisir son modèle (coupe, tissu, finition)

  • A. Je choisis un modèle présent en expo et demande une copie à mes mensurations.
  • B. Je viens avec une photo d’un catalogue : je souhaite une copie à mes mensurations (« same same but different »)
  • C. J’arrive la bouche en cœur et je joue à l’apprenti styliste.

=> Nos choix : Réponse B. Deux blazers pour Ro et un manteau pour Soso / Réponse C. Deux robes pour Soso.

 

Etape 3 : Prendre les mensurations, je serai examiné sous toutes les coutures ! (ahahah !)

 

Etape 4 : négocier le prix

  • A. Je me suis renseigné avant. Je négocie et obtient une bonne remise.
  • B. Je négocie sec, j’obtiens un prix très bas mais le travail sera probablement bâclé.
  • C. Je suis un pigeon, je paie plein pot.

=> Notre choix : Réponse A mais au bout du but on retrouve de la Réponse B (travail un peu bâclé). Conclusion : Réponse C, je suis un pigeon.

 

Etapes 5 à 10 : retouches

  • A. Pas de retouche, j’ai de la chance, j’ai sûrement choisi la réponse A à l’étape 1.
  • B. Je ne reste pas longtemps sur Hoi An, je ne fais qu’une fois des retouches et tout est parfait ! Chanceux ou menteur !
  • C. Je ne reste pas longtemps sur Hoi An, je n'ai le temps de faire qu’une fois des retouches et ça ne va toujours pas… Pigeon !
  • D. J’ai tout mon temps, de la patience et une idée précise de ce que je souhaite : je demande des retouches autant que nécessaire et je me demande à quoi ont servi mes mensurations…

=> Notre « choix » : Réponse D. Au total, il n’aura fallu pas moins de 6 allers-retours avant d’être satisfaits du travail du tailleur. On voit ici toute la limite du « sur-mesure » à la chaîne, mais l’expérience était à vivre et finalement nous avons de jolies fringues sur-mesure.

 

Au global, la négociation du prix de tout ce qu’on achète au Vietnam est un passage obligé : par exemple, nous avons ramené en moins de 10 minutes le prix d’un sac en cuir de 150€ à 50€… ça peut parfois être fatiguant surtout lorsqu’il s’agit juste d’acheter un beignet à la banane… mais c’est le jeu !

Un commentaire

  1. Co&Nie
    Curieux de voir le travail du tailleur.
    A vos commentaires ! 17 février 2016 at 22 h 46 min

A vos commentaires !