Arequipa et le Canyon de Colca

Nous sommes maintenant bien au sud du Pérou. En provenance de Huaraz, il faut 25h de bus pour rejoindre Arequipa, plus grande ville du sud péruvien. On apprécie beaucoup nos premières heures dans la ville et décidons d’y rester 3 jours.

Arequipa

Arequipa nous fait penser à sa "petite sœur" d’Equateur, Cuenca : rues pavées, bâtisses coloniales colorées, grande et belle cathédrale sur la Plaza de Armas, petits magasins et rues piétonnes. On se balade avec grand plaisir dans cette ville colorée avec ses petits marchés artisanaux. Ce qui a donné son élan touristique à Arequipa, c’est son monastère Santa Catalina, qui est une petite ville dans la ville : plusieurs places, rues, multiples pièces (cellules, cuisines, salons, salles à manger…) et de extérieurs très colorés allant du bleu azur au rouge brique.

 

 

 

 

 

 

 

On se laisse tenter aussi par les spécialités sucrées d’Arequipa : les Antojitos, petits biscuits dont la forme est proche de celle des macarons avec plusieurs parfums dont les traditionnels à la vanille, cannelle ou lait, tous fourrés au « dulce de leche ».

Après une première nuit dans une auberge conseillée par le Routard à la propreté des parties communes plus que douteuse, nous changeons pour l’auberge « home sweet home » conseillée par des amis, où nous retrouvons tout d’une auberge sympathique, avec en prime petit-déjeuner vue sur le volcan Misti et … des crêpes !!! Ça fait du bien !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

Canyon de Colca

Arequipa est aussi le point de départ privilégié pour le trek du Canyon de Colca, 2ème canyon le plus profond du monde avec 3400m de profondeur, après celui de Cotahuasi (Pérou). Nous partons pour 2 jours et 1 nuit dans le canyon avec notre guide Roy « Le roi des Quichons », qui semble avoir eu une bonne soirée la veille … Départ de l’auberge à 3h30 du matin direction Chivay pour un petit-déjeuner avec le groupe. Encore quelques kilomètres et nous arrivons au mirador Cruz del Condors, où une foule de touristes est déposée pour admirer les vols de ces rapaces. Après 30 minutes d’observation, on voit beaucoup de « pigeons »… mais pas beaucoup de condors … On nous aurait menti ?? Un peu de patience et quelques minutes plus tard, plusieurs de ces majestueux rapaces entrent en piste !

On reprend le minibus, et à 10h les choses sérieuses commencent. Belle surprise que de voir notre guide au cerveau embrumé, se révéler être un fin connaisseur de la flore colca et de ce magnifique endroit. Tout au long de la journée, il nous fera découvrir des plantes aux vertus médicinales (la monia et la ruda), halucinogènes (trompettes), corrosives pour la peau (jatupa), ou encore un ingrédient phare des peintures ou cosmétiques péruviens : la cochenille (parasite vivant dans les cactus, qui une fois écrasée produit un liquide rouge foncé avec son sang).

Le premier jour de la rando, nous effectuons toute la descente du canyon : chemin poussiereux en zig-zag et soleil tapant ! Malgré les beaux paysages, il est un peu compliqué psychologiquement de se dire qu’on va devoir remonter dès 4h30 du matin les plus de 1000 mètres de dénivelé que nous descendons !!

On traverse quelques village du canyon et Roy nous explique leur fonctionnement :
 
  • Ecole de San Juan de Chucho : école de 7 élèves et 2 instituteurs, répartis d’un côté avec les enfants de 4 et 5 ans et de l’autre ceux de 6 à 12 ans. Les enfants sont très peu nombreux dans les villages du canyon car depuis maintenant quelques années, les adolescents partent étudier dans les grandes villes, puis fondent une famille là-bas et ne reviennent au village que pour les fêtes traditionnelles. L’éducation reçue par ces enfants à l’école est très basique. Les instituteurs, venant des grandes villes, changent tous les ans et ne retournent chez eux que le weekend. Les élèves péruviens ont classe toute l’année sauf 2 semaines en juillet / août et 2 mois en janvier / février.

 

  • Système de soin : les habitants de ces villages aux très faibles revenus, bénéficient d’une aide gouvernementale couvrant 100% des frais médicaux dont ils ont besoin. Il y a un « hôpital » de 30m² pour l’ensemble des villages du canyon, un médecin et une infirmière sont missionnés par l’état pour y travailler 1 an. Tous les ans, un nouveau duo est nommé pour remplacer le précédent. Chaque jour de la semaine, ils se rendent à pied dans l’un des villages du canyon. Pour les accouchements, tout se fait à la maison et le médecin n’est appelé qu’en cas de complication. Il y a 2 ans, avant que la route ne soit faite, les malades nécessitant des soins plus avancés que les soins très basiques pratiqués par l’hôpital du village, étaient portés à pied ou en mule jusqu’à Cabanaconde, à la sortie du canyon. Aujourd’hui, on peut désormais emprunter une nouvelle route en voiture.

 

  • Habitations : dans le canyon ainsi que dans d’autres villages péruviens, et comme le faisaient les anciennes civilisations (Moche, Chimu), certaines maisons ne sont construites qu’en terre. Les murs sont construits à l’aide de parpaings fabriqués avec de la boue, puis séchés ; une fois durcis, ils sont montés puis toute la façade est recouverte de boue en guise d’enduit. Pour la toiture, des plaques de tôle remplacent nos tuiles ou ardoises et pour les toilettes, il faudra aller chercher « la cabane au fond du jardin » ! Il y a seulement 10 ans que l’électricité est arrivée dans les villages du canyon, auparavant, la bougie était de mise.

 

  • Fêtes traditionnelles : les villages du canyon ont conservé une partie des traditions Incas. Pour n’en citer qu’une, lorsqu'une fête de village est organisée, buffet et piste de dance sont mis en place. A l’époque des Incas, seules les femmes avaient le droit de danser tandis que les hommes restaient à les regarder. La seule solution pour eux d’approcher ces femmes sur la piste de dance était de revêtir les mêmes habits ainsi qu’un masque pour cacher leur visage. On retrouve cette coutume dans les fêtes de village d’aujourd’hui où femmes et hommes portent les mêmes habits avec comme seule distinction un chapeau couvrant le visage des hommes.

 

Après ces villages, il nous reste encore quelques minutes de marche avant de profiter de l’oasis situé au fond du canyon de Colca. Nous passons la soirée et la nuit dans des lodges, avant de débuter l’ascension des quelques 1300 mètres de dénivelé positif. Petit détail, nous n’étions pas seuls dans notre chambre, outre quelques araignées, nous avons eu le plaisir de faire la connaissance de Capitaine Crochet… 

 

Les réveis sonnent à 4h, tout le monde se retrouve à 4h20 pour démarrer la montée à 4h30… Seulement voilà, deux manquent à l’appel… NOUS ! Le réveil a semble-t-il sonné mais pas assez fort ! C’est donc Roy qui nous réveille en frappant à la porte à 4h40… Cinq minutes plus tard, les frontales sont sur nos têtes encore endormies et c’est parti !!! Début de l’ascension en pleine nuit, une première pour nous !

Roy nous annonce 3h à 3h30 de montée… Effectivement, ça grimpe dur et le plus compliqué n’est pas tant le pourcentage de la pente, bien qu’important, mais plutôt le fait de ne pas en voir le bout. Il nous faudra finalement 2h10 pour pouvoir crier victoire et avoir le droit de manger notre petit-déjeuner bien mérité !!

Sur la route du retour, on s’arrête à plusieurs reprises :

  • Les terrasses agricoles développées par les Incas ;
  • Les thermes d’eau chaude. Un vrai bonheur après ces deux jours de randonnée ;
  • Mirador sur les volcans andins péruviens, dont le Sabancaya en éruption ;
  • Réserve de lamas et d’alpagas.

Ce trek est impressionnant de par la profondeur du canyon et les vues qu’il offre. Grâce à notre guide, nous avons beaucoup appris sur les villages et populations du canyon. On s’était posé la question de le faire seul ou en groupe. Sur 2 jours, la formule groupe permet d’optimiser les déplacements et de rencontrer d’autres voyageurs, pour un coût équivalent à un tour en individuel : un bon souvenir ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 commentaires

  1. AC
    Et ben, avec tout ce sport, vous allez revenir tout musclés!! En tout cas ça a l'air trop chouette!!  
    A vos commentaires ! 31 août 2015 at 21 h 25 min
    • Panda

      C'est sûr l'Amérique du Sud c'est sportif ! Mais plus on monte et plus c'est beau ... alors on continue de monter :) !

      A vos commentaires ! 15 septembre 2015 at 22 h 15 min

A vos commentaires !