Annabelle, la femme qui murmure à l’oreille des éléphants

Au cours de nos 3 jours d’immersion au centre de conservation des éléphants d’Asie de Sainyabuli (pour voir l'article dédié à ces 3 jours, c'est par ici !), nous avons eu la chance de rencontrer des gens passionnés par leur métier et qui ont su nous transmettre leur passion et savoir.

Annabelle a 29 ans. Originaire de Madrid, elle travaille depuis deux ans et demi au centre et a fait de la préservation des éléphants un vrai combat. Portrait.

 

De l’Espagne au Laos

Annabelle a une formation de biologie-chimie avec une spécialisation en conservation de la vie sauvage. Elle fait ses études entre l’Espagne et l’Ecosse où déjà elle développe un goût très prononcé pour la cause animale : « J’ai toujours été sensible à la défense des orangs-outans et des éléphants, espèces en voie de disparition. Mais pour moi, travailler auprès d’eux relevait plus d'un rêve, l’Europe n’étant pas leur habitat naturel ».

Il y a 3 ans, au cours d’un voyage au Laos, elle s’arrête au centre pour 1 mois de volontariat. Cette première expérience lui permet de confirmer qu’elle est en parfait accord avec l’objectif du centre et sa manière de l’atteindre. Elle retourne alors en Espagne à la fin de son volontariat et est rappelée quelques semaines plus tard pour revenir. Pendant 3 mois, elle s’occupera de prendre soin des bébés éléphants toujours sous forme de volontariat. A la fin de ces 3 mois, Annabelle obtient un contrat avec le centre et en devient la biologiste attitrée.

 

Un métier pas comme les autres

Annabelle est en charge de la zone de socialisation et d’enrichissement, du training médical ainsi que des soins de premier niveau des éléphants. Elle a aussi un rôle important dans la relation avec les cornacs, la formation et la transmission des bonnes pratiques allant dans les deux sens : l’idée étant d’encourager les cornacs à transmettre leur savoir-faire acquis de père en fils et à l’inverse de leur prodiguer de précieux conseils afin qu’ils puissent améliorer le bien-être de leur éléphant. Le but étant de trouver ensemble des solutions viables afin que le cornac puisse continuer de gagner sa vie tout en respectant le bien-être de l’éléphant.

 

A quoi ressemble ta journée de biologiste au centre ?

« En général, je commence ma matinée par l’hôpital où nous organisons la journée avec mon collègue Kan. En fonction du flux de visiteurs et de volontaires, ma journée se poursuit ensuite sur la zone d’enrichissement où l’on cache de la nourriture que les éléphants doivent retrouver pour les stimuler ou alors sur la zone de socialisation où les éléphants se retrouvent seuls sans cornac pour être en groupe comme dans leur milieu naturel. Mon rôle est ici de les observer et analyser leur comportement dans ces différentes situations. Chaque observation, changement ou évolution est enregistrée dans une base de données qui nous permet de conserver l’historique et de connaître parfaitement tous nos éléphants.

L’après-midi, je prépare le training médical visant à habituer l’éléphant à montrer les différentes parties de son corps. Ce training a pour objectif d'avoir au moins deux fois par semaine un check-up de chaque animal. En les habituant à cette routine, il nous est alors plus facile d’intervenir en cas de soins à administrer. Dans un second temps, j’observe le binôme mahout/éléphant et vérifie l’état général des éléphants. Ce moment me permet d’échanger avec les mahouts. »

Bien souvent, des visiteurs sont présents pour assister à ces différentes étapes qu’Annabelle aime à expliquer avec passion.

 

Comment vois-tu ta vie dans 5 ans ?

« Pour le moment, je suis très bien au centre, tout le travail que l’on fournit porte ses fruits et je ne me vois pas partir. Mais si pour une raison ou une autre, j’étais amenée à revenir en Europe ou en Espagne, je ne ferai probablement pas ce que je fais aujourd’hui mais je resterai dans ce qui a un sens pour moi : la conservation et l’éducation. L’éducation étant pour moi la base d’une conservation pérenne de la vie sauvage. La conservation des espèces ne peut fonctionner que si les gens sont sensibilisés à sa nécessité. »

 

Aujourd’hui en Europe, les éléphants sont présents dans des zoos ou des cirques. Envisages-tu de travailler dans l’un de ces milieux ?

« Le cirque, JAMAIS ! Pour me forger une idée sur le sujet, j’ai regardé beaucoup de vidéos et étudié les numéros imposés aux éléphants. On leur impose des postures totalement contraires à leur morphologie sans prendre en compte leur masse conséquente. De plus, l’éléphant est un animal qui a besoin de calme et qui n’a pas une bonne vue. Dans les cirques, on leur inflige de la musique forte, des applaudissements, des projecteurs puissants… J’ai eu beau retourner le sujet dans tous les sens, tout dans le cirque va à l’encontre de la nature de l’éléphant sans compter qu’évidemment il passe sa vie dans un habitat à l’opposé de son milieu naturel. 

Pour les zoos, je suis moins catégorique et comme  il ne faut jamais dire jamais… Globalement l’Europe n’est pas un bon climat pour les éléphants surtout en hiver et le zoo n’est donc pas le paradis pour eux. Cependant, on peut trouver des solutions pour leur rendre la vie plus agréable et c’est ce sur quoi je pourrai éventuellement travailler si j’étais amenée à travailler dans ce type de structure. »

 

Just do it !

 

Si tu avais un conseil à donner à des enfants qui voudraient faire ton métier ?

« Les filières qui peuvent mener à ce genre de travail sont généralement la biologie, l’écologie et la géologie. Il est primordial de venir découvrir au préalable les animaux et les types de structures dans lesquels on est amené à évoluer pour être sûr que c’est ce qu’on veut et que nous sommes en accord avec les valeurs de la structure.

Mais plus que des conseils, j’ai surtout envie de leur dire que :

  • Rien n’est impossible : « Just do it »
  • Faites ce que vous voulez vraiment faire, soyez forts avec vos idées car vous croiserez toujours des gens (même vos plus proches) qui tenteront de vous dissuader de vous lancer.
  • N’ayez pas peur d’échouer, si ça fonctionne tant mieux, dans tous les cas on ne pourra jamais vous reprocher d’avoir essayé et vous n’aurez pas de regrets. »

 

Une très belle rencontre pendant ce voyage avec des paroles pleines de conviction, de sincérité et qui sonnent tellement vraies !!

2 commentaires

  1. wh0cd126638 buy propecia generic
    A vos commentaires ! 24 août 2018 at 20 h 52 min
  2. poping moming

    le "just do it " peut s'appliquer à tous les moments de la vie et pour quelque projet que ce soit ! Vous en êtes l'illustration même ! il vaut mieux avoir des remords que des regrets...  

    A vos commentaires ! 16 mars 2016 at 20 h 34 min

A vos commentaires !